Association Etablissement


 

Les questions sociales et les principes d’action pour une société plus solidaire.

1 Une approche sociale.

L’essentiel des missions de l'A.R.S.E.A.A. s’exerce dans la région Midi-Pyrénées (2 500 000 habitants) et pour une part importante dans le département de la Haute-Garonne (950 000 habitants). En raison de son dynamisme économique, l'agglomération toulousaine (741 000 habitants) en constitue le pôle d'attraction dominant attirant vers lui un flux de population important dans un espace à dominante urbaine.

Au-delà des réponses à des difficultés spécifiques, traditionnellement inscrites dans les agréments de ses établissements et services, l'A.R.S.E.A.A. de par ses options volontaristes d’insertion sociale se trouve en situation d’écoute des besoins d'une population de proximité, d’observation et d’ouverture à ses difficultés.

Quelles sont ces difficultés? Peut-on mieux les repérer et les identifier ?

Dans une société en mutation, les questions d'urbanisme, de mouvements de populations sont étroitement mêlées.Poussé par le contexte économique, l'habitat individuel se déplace en périphérie de Toulouse. Il attire une population démotivée par l'habitat collectif et ses contraintes.

Cette démarche s’accompagne souvent, dans une situation générale d'aggravation de l’individualisme, d'un appauvrissement des communications dont les effets les plus marquants sont la montée de la solitude et son cortège d’effets de « déliaison ».

Dans les quartiers "grands ensembles" de la ville, le taux de chômage est plus important, la précarité et l'insécurité apparaissent comme des facteurs déstructurants et générateurs d'inquiétudes et de stress. La perte du sentiment d’appartenance sociale engendre aussi des tentatives « primales » de reconstituer des repères et des liens de groupe, de reconstruction de valeurs souvent en négatif, mais aussi, et c’est porteur d’espoir, de recherche spontanée de réappropriation de règles et d’identité propres.

En secteur rural, les questions de solitude, d'isolement et de précarité se révèlent aussi très présentes. La plus grande difficulté d'accès à l'information et aux soins peut y favoriser la "chronicisation" de troubles qui pourraient évoluer favorablement en d'autres circonstances.

Appréhender l'individu dans sa globalité et son appartenance à un environnement qui possède des caractéristiques sociales indéniables est un préalable que l’on retrouve dans l’approche professionnelle où les questions sociales et les questions psychiques individuelles sont en interférence permanente.
Par exemple, il est fréquent de constater que les difficultés des enfants accueillis par les services de l’A.R.S.E.A.A. s’aggravent par la déstructuration des situations familiales (familles monoparentales, déqualification sociale du rôle des pères…). La perte des liens, la pathologies des relations sociales, l’absence de références et de valeurs identitaires sont souvent à l’origine d’une personnalité peu ou mal construite : les enfants accueillis révèlent ainsi des troubles dont l’origine est multifactorielle.

Pour ouvrir et insérer l'enfant au monde, les questions de scolarité et d'accès aux connaissances sont fondamentales. Trop d'enfants, de préadolescents, d'adolescents, enlisés dans un échec scolaire profond, que l’école ne sait ou ne peut résoudre, voient leurs chances réduites d’entrer dans la vie active, faute de pouvoir accéder à une qualification. Le risque de marginalisation et de rupture sociale, d’appauvrissement ou de pertes de références identitaires, les guette.

Les problèmes de santé publique sont connus, multiples et intriqués : alcoolisme, drogue, souffrance psychique, dépression, etc., et les personnes qui en souffrent ont souvent besoin d'une longue démarche d'accompagnement avant d'entrer dans un dispositif de soin.

D’autre part, lorsqu’une situation est en équilibre difficile et que s’y ajoute le chômage, la perte d’éléments indispensables de vie, comme le logement, elle bascule vite « en galère ». Le besoin d’être reconnu dans sa dignité et sa personne, là, dans ce quartier ou ce village, d'être utile à la société, de sortir de la précarité, de pouvoir vivre décemment, qui implique, pour ceux qui le peuvent, de travailler, ou d'être formés pour retrouver un emploi, génère des souffrances telles qu’une véritable pathologie d’origine sociale peut s’installer et se développer, jusqu’à atteindre parfois des niveaux irréversibles.

La question de la citoyenneté se pose, non seulement en termes de droits accordés à tous, mais aussi quant aux moyens effectifs pour y accéder, à la possibilité de s'insérer, à part entière, dans la vie sociale sur un territoire et un environnement socioculturel et historique donnés.

C’est en ce sens que l’action du mouvement associatif contribue à la cohésion sociale et au renforcement de la citoyenneté, lorsqu'il milite et agit contre la précarisation ou la marginalisation, les risques de déliaison sociale.

Les réseaux qui se créent et les différents partenaires donnent à la vie communautaire et à son maintien, sa vitalité. Si le travail relationnel effectué en structure médico-sociale se doit d’intégrer la dialectique dedans/dehors, le travail social a aussi pour mission de permettre aux personnes en difficulté de s’inscrire dans ces réseaux pour faciliter la reconstruction ou le maintien de leurs liens, la participation à un tissu relationnel vivant.

Cette problématique concerne aussi les personnes handicapées adultes qui ont des difficultés accrues pour participer et s’insérer pleinement dans la vie sociale de l’environnement social actuel.

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